Tu as envie.
Tu sais.
Tu vois la vision, l’idée, l’envie d’agir, de créer, de bouger.
Mais tu ne bouges pas.
Tu restes figé(e). Paralysé(e). Bloqué(e). C'est ce que j'ai fait plusieurs années durant...
Ce n’est pas parce que j'étais incapable et faible. Ce n’est pas parce que j'étais pas faites pour avancer. C’est parce que mon cerveau a été "dressé" à croire que peur = danger.
Et ça, c’est un mensonge, tellement bien façonné...
Et le Shayṭān y a sa part.
Le cerveau est conçu pour la survie, pas pour le dépassement.
Ton cerveau reptilien a une fonction claire : éviter la douleur.
Dès qu’une émotion inconnue surgit (honte, doute, inconfort…), il envoie un signal : “Danger. Reste où tu es.”
Mais ce que le cerveau appelle danger…Le Qur’ān l’appelle épreuve.
Et le cœur croyant appelle ça : l'opportunité de tawakkul.
“Pensez-vous entrer au Paradis sans qu’Allah ne distingue ceux d’entre vous qui luttent et qui sont endurants ?” (Sourate Āl‑ʿImrān 3:142)
La peur n’est pas un mur. C’est une station de purification.
Et si tu restes figé(e), c’est que tu as confondu émotion et vérité.
Ce que tu crois, tu le deviens
Tu crois que tu n’as pas le niveau. Tu crois que “ça, c’est pour les autres”.
Tu crois que si tu rates, tu perdras ta valeur.
Et pourtant…
Ces pensées ne sont pas des vérités. Ce sont des chuchotements.
Et qui chuchote ?
“Le diable vous fait craindre la pauvreté et vous ordonne l’indécence…”
(Sourate Al Baqarah, 2:268)
Le Shayṭān ne t’empêche pas d’agir. Il est incapable de créer un désir, incapable de te forcer à faire ou ne pas faire...Il t’amène doucement à douter de toi, pour que tu ralentisses, puis abandonnes, puis t’oublies...
Et il ne le fait pas seul.
Ton Qarin, cet allié de l’immobilisme
“Son compagnon [Qarīn] dira : ‘Voici ce que j’ai préparé pour lui.’”
(Sourate Qāf, 50:23)
Je parle souvent du Nafs, mais pas forcément du Qarin, ce jumeau invisible, ce chuchoteur personnel qui connaît tes failles.
Il ne hurle pas.
Il suggère. Avec une voix très proche de la tienne. À tel point que tu la confonds avec la tienne...
Et si tu n’es pas vigilant(e), tu crois que c’est toi. Tu crois que c’est ton intuition.
Tu crois que c’est la vérité.
Mais ce n’est pas “toi”.
C’est l’écho de ce qui t’enchaîne.
Mais je te le répète, nous ne sommes pas notre nafs, nos émotions, notre personnalité, ce qui ne persiste pas en nous...
Je vais même aller plus loin, MÊME NOTRE PERCEPTION DU MONDE EST ILLUSION ! Premièrement parce que ce monde est faux et illusoire, et segundo parce qu'elle change ! En fonction de notre état d'âme !
Même ce que tu penses être VRAI aujourd'hui, sera possiblement FAUX dans un avenir proche...
Alors je vais te dire certaines choses :
- La peur que tu ressens n’est pas un mur. C’est une porte.
- Si tu n’essaies pas, le Shayṭān a déjà gagné.
- Ce que tu appelles “blocage” est parfois juste ton égo qui refuse d'être dompté.
- Si tu ne passes pas à l’action, ce n’est pas par prudence. C’est parce que ton Qarin est en train de réciter ton passé.
- Tu n’as pas besoin de certitude. Tu as besoin de sincérité.
- Tu n’as pas besoin d’être prêt(e). Tu as besoin d’être soumis(e) à Celui qui sait.
Le test, c’est maintenant. Le danger, c’est l’oubli.
Ce que le Qur’ān t’enseigne : l’action malgré la peur
“Et quiconque place sa confiance en Allah, Il lui suffit.”
(Sourate At Talaq, 65:3)
“Certes, ceux qui disent : ‘Notre Seigneur est Allah’, puis se tiennent droits, les anges descendent sur eux : 'N’ayez aucune crainte, ne soyez pas affligés…’”
(Sourate Fussilat 41:30)
L’Islam ne te demande pas de ne jamais avoir peur.
Il t’appelle à avancer malgré la peur, avec conscience, présence, et ancrage dans l’au-delà.
Ce que je dis à mon Qarin
Toi qui fais douter.
Toi qui murmures la peur de l’échec, la peur du regard, la peur du ridicule…
Je te vois.
Et moi, je ne te crois plus.
Tu n’es pas mon intuition.
Tu n’es pas mon avenir.
Tu es l’écho d’un passé qui ne me définit plus.
Aujourd’hui, je me lève pour Allah, et tu ne m’empêcheras plus d’agir.
Tu n’es pas bloquée. Tu es attendue.
Ce monde est un test. La peur fait partie du test.
Mais ce qui compte, c’est ce que tu fais en présence de cette peur.
Et si aujourd’hui tu t’autorises à avancer…Même un pas…
Même une chose imparfaite…
Tu viens de briser une chaîne ancienne.
Et tu viens de faire taire le Shayṭān, au moins pour un instant.
Cet instant suffit à changer ton destin.
Je te suggère d'aller écouter l'épisode du podcast "Le Libre Arbitre sous les nuances du Subtil" - Tu auras une meilleure idée de ce que l'on doit comprendre de cette distinction entre "passer à l'action" et "le lacher-prise".