Il y a des vérités qu’on apprend tard...
Souvent après s’être brûlé.
Le désir fait partie de ces vérités-là.
Pas le désir qu’on associe systématiquement au haram, ou aux illusions charnelles.
Non. Je parle du désir de vivre.
Du désir qui pousse ton âme à avancer, à créer, à exister.
Le désir qui te réveille le matin, celui qui rallume ta lumière quand plus rien n’a de sens.
Et puis il y a la volonté.
Ce feu qui brûle dans le plexus. Ce centre intérieur où convergent toutes tes peurs, tes ambitions, tes frustrations et ton courage.
Le feu que certains passent une vie à éteindre, alors qu’il a été placé là par Allah pour guider leurs pas.
Aujourd’hui j’aimerais te parler de ces deux forces, désir et volonté, non pas comme quelque chose dont il faut se méfier, mais comme des énergies sacrées que tu dois apprendre à comprendre, purifier et maîtriser.
Parce que le désir n’est pas un ennemi.
C’est un langage. Une boussole...
Le désir : la première pulsation du vivant
Le désir est l’élan vital. Le premier mouvement de l’âme dans la matière.
Mais voilà :
- Quand il est laissé sans direction, il devient une prison.
- Quand il est purifié et placé au service d’Allah, il devient une porte.
Allah dit :
« Quant à celui qui aura craint de comparaître devant son Seigneur et préservé son âme de la passion, le Paradis sera alors son refuge. »
(Sourate An-Nazi’at 79:40-41)
Ce verset ne dit pas supprime ton désir.
Il dit préserve ton âme de ce que la passion peut créer quand elle s’emballe.
Le désir n’est pas le problème. C’est le fait qu’on le laisse diriger notre vie sans conscience.
Quand ton ego prend le contrôle de tes désirs, il te pousse vers :
- la comparaison,
- la convoitise,
- le manque,
- l’insatisfaction chronique,
- la recherche compulsive de validation.
Mais quand ton âme prend le contrôle de tes désirs, ils deviennent :
- un moteur,
- une direction,
- un élan sacré,
- un carburant pour ton destin.
Le plexus solaire : le lieu où naît ta volonté
Tu vois ce point, juste entre ta poitrine et ton ventre ?
Ce feu intérieur qui s’allume quand tu es en colère, quand tu es passionné, cette boule au ventre...quand tu veux quelque chose très fort ou quand quelque chose te trouble...
Ce centre-là, dans beaucoup de traditions, est considéré comme le “centre du pouvoir personnel”.
Mais dans la vision islamique, ce pouvoir n’est pas autonome :
il est un dépôt. une Amana
Un dépôt qu’Allah t’a confié, et que tu es censé utiliser pour :
- Servir,
- Choisir,
- Décider,
- Avancer,
- Agir.
Il est clairement le centre de ton libre arbitre.
Le Prophète ﷺ a dit :
« Le fort n’est pas celui qui terrasse, mais celui qui se maîtrise lorsqu’il est en colère. »
(al-Bukhari, Muslim)
- La colère vient du plexus.
- L’impulsion vient du plexus.
- La volonté vient du plexus.
Mais la maîtrise…
Elle vient de la lumière du cœur. Le plexus est un feu. Le cœur est une boussole.
Et le désir… c’est le vent.
Quand les trois s’alignent, tu deviens dangereux.
Dangereux pour le mensonge qui te retenait, dangereux pour les cages mentales dans lesquelles tu vivais, dangereux pour ce monde, cette Dunya qui voulait t’éteindre.
Le désir comme porte vers le sacré
Allah n’a jamais demandé à l’humain de supprimer son désir.
Il a demandé
- qu’il l’apaise.
- qu’il le purifie.
- qu’il en fasse un moteur vers Lui.
Il dit :
« Et parmi les hommes, il en est qui prennent en dehors d’Allah des égaux qu’ils aiment comme on aime Allah. »
(Sourate Al-Baqarah 2:165)
Ce verset ne parle pas que d’idoles matérielles.
Il parle aussi des idoles intérieures, Taghut :
- l’amour obsessionnel,
- la réussite idolâtrée,
- l’image et les apparences
- les passions,
- les relations,
- les ambitions grosses d’orgueil.
Ce qu’Allah te dit ici, doucement, subtilement, c’est :
“Regarde ce que tu désires le plus. Tu y trouveras ton véritable Dieu, Allah”
Et c’est là que tout commence.
Parce que le désir :
- Il te révèle.
- Il t’expose.
- Et Il t’oblige à te demander : “Qui est en train de choisir pour moi ? Mon ego, mon nafs… ou mon âme ?”
Le désir qui consume vs le désir qui élève
Il existe deux types de désirs ou plutôt cette energie est influencée, ou voilée, elle peut être vectrice de lumière ou au service de quelque chose :
Le désir qui descend
- compulsif
- nerveux
- impatient
- basé sur le manque
- lié au regard des autres
- poussé par la comparaison
C’est celui qui t’épuise.
Le désir qui élève
- expansif
- paisible
- patient
- en accord avec tes valeurs
- aligné avec Allah
- nourri par la vérité intérieure
C’est celui qui construit.
Et tu le sens. Ton corps le sent. Ton cœur, ton âme eux-même en connaîssent la différence.
Le désir comme test divin
Allah dit :
« Nous vous éprouverons certes par un peu de peur, de faim, de diminution de biens, de personnes et de fruits… »
(Sourate Al-Baqarah 2:155)
- Le manque est un test.
- La frustration est un test.
- L’attachement est un test.
Le désir peut être une épreuve, pas un péché.
Et quand tu comprends ça, tu arrêtes de culpabiliser… et tu commences à apprendre.
Et toi, aujourd’hui… qu’est-ce que tu désires vraiment ?
Je vais te poser une vraie question. Pas la version acceptable, pas celle que tu dis en public.
La vraie.
Qu’est-ce que tu désires vraiment ?
- Pas ce que tu crois vouloir.
- Pas ce que ton ego t’a vendu comme objectif.
- Pas ce que tu as appris à vouloir pour être aimé.
Ton désir brut.
Celui qui brûle quelque part en toi, même quand tu le caches. Pas évident n'est-ce pas... ?
Parce que c’est là que tout commence :
- ton destin,
- ton alignement,
- ton cheminement spirituel,
- ta paix intérieure.
Allah a mis ce désir en toi pour te conduire quelque part.
- Pas pour que tu le fuies.
- Pas pour que tu l’enterres.
Mais pour que tu le purifies et que tu le suives… jusqu’à Lui.
Le désir n’est pas une faiblesse. C’est une direction.
Le désir est une énergie sacrée. Une énergie créatrice
La volonté est un feu divin.
Et le plexus, ce centre brûlant que tu ressens dans les moments importants, est une table d’orientation céleste.
- Si tu apprends à les écouter, tu te découvriras.
- Si tu apprends à les maîtriser, tu t’élèveras.
- Si tu apprends à les purifier, tu t’aligneras.
- Et si tu apprends à les remettre entre les mains d’Allah…
alors, tu seras enfin libre.