Il y a cette version de toi que tu montres. Et puis… il y a l’autre. Celle que tu caches, parfois même à toi-même.
Pendant longtemps, j’ai cru que “moi”, c’était ce que je faisais. Ce que je disais. Ce que je réussissais à construire de mes mains, à comprendre avec mon cerveau. Je me suis définie par mes rôles, mes titres, mes blessures bien rangées et même par mes quêtes sans objectifs, aléatoires...
C’était rassurant. C’était "carré". C’était surtout... étriqué.
À toi maintenant ...?
Tu crois que t’es qui, exactement ?
Le nom que tu signes ? Le CV que tu balances ? La blessure que tu glorifies ? Ou le combat que tu répètes en boucle comme un vieux disque rayé ?
Tu vois, je ne te connais pas, mais je sais une chose : tout ce que tu crois être… n’est probablement qu’un costume bien ajusté.
Et si je te disais que ce “Toi” que tu défends à chaque respiration, c’est justement ce qui t’éloigne de ton “Soi” ?
Ce “Soi” nu, silencieux, sans justification à donner.
Celui qui sait. Qui entend. Qui n’a pas besoin d’exister à travers les autres.
Le Soi n’a pas besoin d’étiquette
Il ne veut pas briller. Il veut être. Mais pour y accéder, il faut avoir le courage de lâcher ce “Toi” auquel tu tiens tant. Rappelle toi quand Allah demande et EXIGE à Nuh (AS) de laisser son fils, de laisser son égo, de laisser sa FAMILLE...c'est à dire ses attachements qui tirent vers le bas.
Et ça… ça fait peur. PARCE QUE C'EST PAS FAMILIER !
Parce que ce “Toi”, c’est aussi ta défense. Ton identité faconnée pour ta survie...celle qui pense que la matière c'est la vie, la Dunya c'est la finalité, c'est tout ce que l'on peut et on va expérimenter. On y met toute sa force, son énergie, son attention...
Tu l’as construit comme un abri, mais c'est devenu une cage.
Et maintenant que la lumière tape à la porte, tu ne sais plus si tu veux vraiment l’ouvrir.
Tu veux être “libre” ? Commence par reconnaître ce qui, en toi, est faux.
Tout ce qui ne persiste pas, ne mérite pas adoration. Tout ce qui est loin d'Allah, ne merite pas ton attention.
Ton ego va détester cet article
Il va vouloir le refermer. Se défendre. Dire : “Je sais déjà tout ça.” Il va chercher à justifier ce que tu es devenu, ce que tu crois être.
Mais justement : laisse-le parler. Observe-le SANS absorber !
L’ego parle fort quand l’âme commence à s’éveiller.
Et derrière chaque agacement, chaque rejet, il y a une peur d’exister sans masque, sans cette carapace. Une peur d’être vu dans ton vrai silence. Pas dans ton paraître. Pas dans ta posture.
“Et ne sois pas comme ceux qui ont oublié Allah ; [Allah] leur a fait alors oublier leur propre personne.”
(Sourate Al-Hashr 59:19)
Ce verset, je l’ai pris de plein fouet. Parce qu’il ne dit pas juste “ils ont oublié Dieu”, il dit aussi : “ils ont oublié leur propre personne”.
Et si ton retour à Allah permet un retour à toi-même ? À ce Soi pur, dénudé, connecté à Lui.
Pas celui qui récite sans comprendre. Pas celui qui performe pour être validé.
Mais celui qui tremble. Qui écoute. Qui répond.
L’Appel silencieux
On passe notre temps à vouloir se construire. Se renforcer. S’améliorer. Mais la vraie révolution, c’est peut-être de se déshabiller.
De laisser tomber les couches. Et d’oser être nu devant Dieu. Pas au sens corporel. Mais au sens de l’âme. Sans artifice. Sans excuse.
C’est dans ce dépouillement que tu rencontres ton vrai Toi.
Et devine quoi ?
Ce Toi-là ne sera jamais seul. Parce qu’il est déjà guidé.
Quelques questions pour t’observer autrement
- Quand as-tu réellement été en silence avec toi-même, sans rôle, sans fonction ?
- Qu’est-ce que tu continues de porter par peur qu’on ne t’aime plus sans ça ?
- Quelle facette de toi résisterait le plus à la lumière ?
- Si tu pouvais rencontrer ton “Soi” dans un rêve… que te dirait-il que tu refuses d’entendre ?
Revenir à soi, ce n’est pas un caprice moderne. Ce n’est pas du développement personnel romantisé. C’est un besoin vital.
Un retour à la vérité. À la sincérité. À cette part de nous que rien ni personne ne peut définir sauf notre lien à Allah.
Et ce lien… il ne passe pas par ton apparence, tes followers, ton argent, ton statut, tes réussites...Ni même par tes parents, par ta famille ou tes enfants.
Il passe par ton cœur. Et ce cœur-là, Allah le connaît déjà.
Tu veux devenir quelqu’un ?
Commence par enlever ce que tu n’es pas.
Et si ce que je "suis" ne mérite pas l'amour des autres ? Ce n'est pas grave, parce que tu ES et c'est suffisant, Allah te suffit.