Il y a une part de toi qui ne parle pas avec des phrases.
Elle parle avec des réactions. Elle parle quand tu te crispes pour une chose “minime”.
- Quand tu te sens rejeté(e) pour un silence.
- Quand tu sur-réagis à une critique.
- Quand tu t’accroches à quelqu’un qui te fait du mal.
- Quand tu veux prouver. Quand tu veux être vu. Quand tu veux être choisi.
Ce n’est pas toujours “toi adulte” qui réagit.
Souvent, c’est ton enfant intérieur.
Cette part plus ancienne, plus sensible, plus primitive ou instinctive parfois, qui a appris à survivre en silence.
Et l’Islam, sans employer ce terme, nous parle profondément de ce travail intérieur :
Purifier le cœur, Tazkiya Al Qouloub, apprendre la stabilité, guérir ce qui est abîmé, revenir à Allah avec un cœur sain.
“Le jour où ni les biens ni les enfants ne seront utiles, sauf celui qui vient à Allah avec un cœur sain.”
(Sourate Ash-Shu’ara 26:88-89)
Le monde moderne déclenche… parce qu’il touche les blessures
On vit dans une société qui stimule tout : comparaison, urgence, performance, validation.
Et quand la vie te déclenche, ce n’est pas parce que tu es “faible”. C’est dans la majorité des cas, parce que quelque chose en toi est resté sans sécurité.
Dans un monde où l’on te pousse à courir, à produire, à prouver… l’enfant intérieur cherche juste une chose :
Être rassuré.
Et si tu ne lui offres pas cette sécurité, il ira la chercher n’importe où :
- Dans une relation,
- Dans un objet,
- Dans une addiction,
- Dans l’attention des autres,
- Dans l’image.
C’est là que le nafs s’agite.
“Et l’âme ordonne sans cesse le mal, sauf si mon Seigneur fait miséricorde.”
(Sourate Yusuf 12:53)
Ce verset est un miroir.
Il ne te dit pas “tu es mauvais”.
Il te dit que ton âme brute a besoin d’être éduquée, apaisée, guidée par la grâce et la miséricorde...
Mais cette miséricorde commence avec soi !
Le “cœur” en Islam : le vrai centre de la guérison
Le Prophète ﷺ a dit :
“Il y a dans le corps un morceau de chair : s’il est sain, tout le corps est sain, et s’il est corrompu, tout le corps est corrompu. C’est le cœur.”
(Hadith authentique – Al-Bukhari, Muslim)
L’enfant intérieur, c’est une partie du cœur qui a enregistré des peurs :
peur d’être abandonné
peur d’être humilié
peur d’être rejeté
peur de ne pas suffire
Ces peurs deviennent des réflexes.
Et ces réflexes dirigent une vie entière, si on ne les voit pas. Ce n’est pas seulement une question d’émotions. C’est une question de direction.
Qu’est-ce que l’enfant intérieur révèle ?
1) Le rejet
Tu te sens facilement “de trop”, “pas assez”. Tu cherches à mériter ta place.
2) L’abandon
Tu t’accroches, tu paniques au silence, tu deviens dépendant(e), ou au contraire tu fuis avant d’être quitté(e).
3) L’humiliation
Tu te caches, tu te compares, tu te juges, tu veux être irréprochable.
4) La trahison & l'injustice
Tu contrôles, tu durcis ton cœur, tu as du mal à faire confiance. Et tout cela crée une instabilité intérieure. Or, Allah nous rappelle une chose essentielle :
“N’est-ce point par l’évocation d’Allah que les cœurs se tranquillisent ?”
(Sourate Ar-Ra’d 13:28)
La tranquillité n’est pas un luxe. C’est une direction spirituelle.
La complétude : ce n’est pas être parfait, c’est être unifié, entier.
La complétude n’est pas une performance. Ce n’est pas “devenir une nouvelle personne”. C’est cesser d’être fragmenté(e).
C’est quand :
ton adulte protège ton enfant,
ton cœur reprend le contrôle sur ton ego,
ta présence devient plus forte que tes réactions.
Et cette unification est un acte de foi.
Parce que quand tu guéris une blessure, tu cesses de demander à la création de te sauver.
Tu reviens à Celui qui voit tout. Tu reviens vers ton Créateur, entier, de la même manière que ton Ruh est parfait et complet.
“Et quand Mes serviteurs t’interrogent sur Moi, Je suis tout proche.”
(Sourate Al-Baqarah 2:186)
Comment réparer sans s’infantiliser ?
(5 actes simples).
1) La sécurité corporelle
Sommeil, respiration, marche, routine. Ton enfant intérieur se calme dans un corps stable.
Quand on dort bien, quand le sommeil est réparateur, on maitrise mieux sa psyché.
Quand on se nourrit avec des aliments "halal" on augmente ses vibrations et élève ses energies.
2) Les limites
Dire non à ce qui te dérègle. Ne pas t’exposer inutilement à ce qui t’enflamme.
Parce que le feu peut soit t'élever quand tu l'as purifié soit te consumer quand tu te laisse maitriser.
Quand je parle de discipline, je parle aussi de cette capacité à detecter ce qui peut t'enchainer, de l'accepter et de s'éloigner si tu en ressens le besoin.
3) La parole vraie
Écrire. Parler. Nommer ce que tu ressens. Le silence involontaire ou subit et prolongé devient souvent une prison.
Allah nous a doté d'une voix pour communiquer ses besoins, ses limites, ses intentions, ses croyances...refleter son authenticité à travers des mots qui peuvent nous libérer et libérer les autres aussi.
4) L’auto-validation
Apprendre à te reconnaître toi-même. Ne plus attendre que les autres prouvent ta valeur.
C'est ce travail sur la blessure d'abandon car elle t'enchaine aux regards des autres, alors qu'ils ne sont que des personnages secondaires dans ta vie terrestre et spirituelle.
Revenir à Allah c'est aussi revenir à soi, se détacher de la créature et de ce qu'elle peut penser de nous.
5) Les promesses tenues
Une micro-promesse par jour. Tenue.
Parce que la confiance se reconstruit dans les petits actes.
“Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité.”
(Sourate Al-Baqarah 2:286)
Tu n’as pas besoin de tout faire d’un coup. Tu as juste besoin de commencer.
Une question qui remet tout en place
Je te pose une question, et sois honnête :
Quand tu cours après l’amour, l’attention ou la validation…
Est-ce que tu cherches vraiment les gens…
...ou est-ce que tu cherches une sécurité que tu n’as jamais reçue ?
Si tu réponds “oui” intérieurement, alors voilà la vérité :
- Tu ne dois pas courir plus. Tu dois revenir.
Conclusion : la paix même quand tu es seul
Il y a une paix rare. Une paix que tu ne peux pas obtenir par les gens.
Ni par l’argent. Ni par le contrôle. Ni par l'attention.
Une paix qui vient quand ton enfant intérieur comprend enfin :
“Je ne suis plus seul(e). Je suis protégé(e). Je suis guidé(e). Et mon cœur peut respirer.”
“Ton Seigneur ne t’a ni abandonné, ni détesté.”
(Sourate Ad-Duha 93:3)
Ce verset, garde-le près de toi. Parce que beaucoup de blessures viennent d’une idée mensongère :
“Je suis seul.”
Et Allah répond :
“Non. Je suis proche.”