Je n’ai pas "rencontré" Allah dans des définitions. Je L’ai contemplé dans le "vide" dans le silence, dans la gratitude, dans les petits matins où je ne savais pas par où commencer et où, pourtant, je me suis levée pour prier. Dans ces moments-là, je me rappelle que mon cœur sait déjà vers qui se tourner.
Il n’est pas un concept à comprendre, mais une Présence à visiter, encore et encore. Quand je me perds, je L’appelle. Quand je me trouve, je L’adore. Et je découvre que la proximité n’est jamais si loin que je l’imaginais :
“Je suis certes tout proche ; Je réponds à l’appel de celui qui M’invoque quand il M’invoque.” (Sourate “Al-Baqarah”, “2 : 186”)
Allah n’est pas une idée abstraite : Il est le Réel (Al-Haqq), l’Unique (Al-Ahad), le Parfaitement Suffisant (As-Samad). Le connaître, c’est laisser la réalité de Sa présence éclairer la manière dont on pense, parle et agit.
“Dis : Il est Allah, Unique.” (Sourate “Al-Ikhlâs”, “112:1”)
Parfois, je me surprends à chercher des preuves, puis je me rappelle que la paix vient quand je L’invoque simplement. Cela dit, et comme je l'ai souvent évoqué, Il nous invite au raisonnement mais à un raisonnement raisonné ! Alors voici quelques pistes pour ne pas s'égarer dans ce vaste océan de connaissance et de science.
Transcendance et proximité
Allah est au-delà de toute ressemblance avec la création : rien ne Lui ressemble. Et pourtant, Il est tout proche, attentif, répondant.
“Rien ne Lui ressemble ; et Il est l’Audient, le Clairvoyant.” (Sourate “Ash-Shûrâ”, “42:11”)
“Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire.” (Sourate “Qâf”, “50:16”)
“Je réponds à l’appel de celui qui M’invoque quand il M’invoque.” (Sourate “Al-Baqarah”, “2:186”)
Ce qui veut dire que dans mes journées serrées, je respire ces versets comme on boit de l’eau fraîche. Je les considères comme mon point de départ, un socle, :
Un repère de Sa proximité.
Le connaître par Ses Noms (Al-Asmâ’ Al-Husnâ)
Les Noms d’Allah sont des portes d’accès à Sa connaissance : Ar-Rahmân (Le Tout-Miséricordieux), Al-Hakîm (Le Sage), Al-Latîf (Le Subtil), Al-Wakîl (Le Garant). Les invoquer oriente le cœur et façonne le caractère.
“À Allah appartiennent les Noms les plus beaux ; invoquez-Le par ces Noms.” (Sourate “Al-A‘râf”, “7:180”)
Quand je dis “Al-Latîf”, je m’autorise la délicatesse : envers moi, envers les autres. Il faut incarner aussi pas seulement contempler :
Il faut refléter Ses attributs.
Les Signes : dans le Livre et dans le monde
Le Coran est le premier Signe : une parole qui éclaire, dans mon dernier épisode du podcast, j'évoque d'ailleure le Sourate Al Baqarah verset 2, en effet Allah élève le rang de Son livre comme une évidence.
Mais le monde entier est aussi un texte à lire : alternance du jour et de la nuit, ordre du vivant, épreuves et délivrances.
“Nous leur montrerons Nos signes dans l’horizon et en eux-mêmes jusqu’à ce qu’il leur devienne évident que c’est la vérité.” (Sourate “Fussilat”, “41:53”)
Il m’arrive de comprendre un verset en regardant un ciel d’après-pluie. Tout se répond et :
Je comprends Sa subtilité.
Le Trône (‘Arsh), le Kursî, la Royauté.
Allah est Al-‘Aliyy (Le Très-Haut), Al-Malik (Le Souverain), Al-Qahhâr (Celui qui prévaut sur toute chose). Sa suprématie se dit par le Trône (‘Arsh), la Chaise (Kursî), et Sa Royauté absolue.
“Son Kursî déborde les cieux et la terre, dont la garde ne Lui coûte aucune peine.” (Sourate “Al-Baqarah”, “2:255”)
“C’est Lui qui a créé les cieux et la terre en six jours — et Son Trône était sur l’eau — afin d’éprouver qui de vous agirait le mieux.” (Sourate “Hûd”, “11:7”)
“Allah ! Nulle divinité autre que Lui, le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même…” (Sourate “Al-Baqarah”, “2:255”)
Ces images coraniques n’enferment pas Allah ; elles signifient :
Sa grandeur et Sa souveraineté.
Les “Sept cieux” et “autant de Terres” : le Cosmos selon le Coran.
La Révélation parle d’un cosmos à sept cieux superposés, et fait allusion à autant de terres, selon une sagesse connue d’Allah.
“Allah est Celui qui a créé sept cieux et autant de terres. Son commandement descend entre eux…” (Sourate “At-Talâq”, “65:12”)
“Puis Il acheva de les former en sept cieux en deux jours…” (Sourate “Fussilat”, “41:12”)
“N’avez-vous pas vu comment Allah a créé sept cieux superposés ?” (Sourate “Nûh”, “71:15”)
Ce langage révélé n’est pas un schéma d’astrophysique moderne, mais une carte spirituelle : il nous indique ordre, hiérarchie, immensité. Allah maintient, régit et connaît tout ce qui s’y trouve :
Il nous rélève Sa puissance.
“Univers” et “multivers” : ce que nous disons, ce que nous ne disons pas.
Le Coran nomme Allah “Seigneur des mondes” (Rabb al-‘âlamîn).
“Louange à Allah, Seigneur des mondes.” (Sourate “Al-Fâtiha”, “1:2”)
Par “mondes”, la tradition comprend la multiplicité des royaumes (humains, anges, djinns, visible/invisible, etc.).
Le “multivers” au sens de théorie physique (plusieurs univers causaux) n’est ni affirmé ni détaillé par le texte révélé. On peut en entendre parler comme hypothèse scientifique, mais la foi s’en tient à ce qu’Allah a révélé : sept cieux, des terres, des mondes, et Sa souveraineté sur l’ensemble.
Personnellement, cette prudence me rassure : je peux écouter la science sans prétendre faire dire au Coran ce qu’il ne dit pas. Le reste est spéculation :
Ainsi je respecte Sa justesse.
La “création de la création” : du décret (Qadar) au “Sois !”
Le Coran décrit une origine voulue, sue et mesurée : Allah a décrété, puis Il dit “Sois !”, et la chose est.
“Lorsqu’Il décide une chose, Il lui dit seulement : ‘Sois !’ et elle est.” (Sourate “Yâ-Sîn”, “36:82”)
“Votre Seigneur est Allah qui créa les cieux et la terre en six jours…” (Sourate “Al-A‘râf”, “7:54”)
“Ceux qui ne croient pas voient-ils pas que les cieux et la terre formaient une masse compacte ? Puis Nous les avons disjoints…” (Sourate “Al-Anbiyâ’”, “21:30”)
Les versets parlent d’un commencement, d’un ordre, et d’une séparation des cieux et de la terre. Ils ne se veulent pas manuel d’astrophysique, mais récit vrai de la volonté créatrice : la création vient d’Allah et retourne à Lui.
“Le jour où Nous plierons le ciel comme on plie l’écrit.” (Sourate “Al-Anbiyâ’”, “21:104”)
Pour moi, ces versets posent une boussole : je vis dans un monde voulu, ma liberté est réelle, et la Rencontre aussi :
Traversé par Sa sagesse.
Marcher concrètement vers Lui
- Prière : cinq rendez-vous qui structurent l’âme.
- Coran avec lenteur : un passage lu, un Nom noté, une intention posée.
- Dhikr : quelques invocations qui jalonnent la journée.
- Du‘â : parler à Allah avec ses mots.
- Gratitude active : reconnaître un bienfait, poser un geste en cohérence.
Je me rappelle alors : la fidélité se prouve dans de petites choses faites avec sincérité et constance, rappelez-vous Il aime les actes constants.
Conclusion
Chercher sans se perdre, c’est garder le cœur tourné vers Sa proximité, se rappeler Ses attributs quand la raison hésite, reconnaître Sa subtilité dans les commencements discrets, se prosterner devant Sa grandeur et Sa souveraineté, s’émerveiller de Sa puissance qui ne force jamais le cœur, se confier à Sa justesse qui ne se trompe pas, apprendre de Sa sagesse qui donne un rythme à toute chose, et marcher avec Sa constance jusqu’à devenir, nous aussi, fidèles dans les petites choses comme dans les grandes.
Qui est Allah ? L’Unique qui nous connaît mieux que nous-mêmes, Souverain des mondes, qui a créé les sept cieux et ordonné l’ensemble avec mesure (Mizan). Le connaître n’éteint pas les questions : cela les oriente. Et, pas à pas, la vie prend un sens.
Plus on s'intéresse à ce qu'Il est non pas pour l'imaginer ou se poser trop de questions mais plutôt pour s'attacher qu'à Lui plus on s'interesse à ce qu'Il fait, plus on sait et plus ça devient une évidence...